Télétravail et impacts sur la santé
Un portrait des différentes configurations du télétravail et de leurs effets sur la santé mentale et physique des travailleurs et des travailleuses dans le temps : Que nous apprennent les données longitudinales de l’ELOSMET ? un projet de recherche, financé par l’IRSST (dossier 2024-0004), est mené par Annick Parent-Lamarche, professeure agrégée (UQTR) chercheure associée à l’Observatoire sur le mieux-être et la santé au travail (OSMET). Ce projet s’inscrit dans un contexte marqué par la modernisation du régime de santé et de sécurité au travail (LSST) au Québec. La LSST impose désormais la prise en compte des risques psychosociaux du travail (RPS) dans les programmes de prévention des employeurs, y compris pour le télétravail.
À ce jour, les recherches sur le télétravail se sont principalement focalisées sur des analyses transversales, souvent limitées à des contextes de crise pandémique ou à des configurations de télétravail occasionnel. Ces approches offrent une compréhension fragmentée des effets du télétravail sur la santé physique et mentale. Ce projet vise à combler ces lacunes à travers une analyse longitudinale intégrée, en étudiant les configurations variées du télétravail et leur impact sur la santé. La recherche repose sur le cadre théorique des « Demandes-Ressources » (Bakker & Demerouti, 2007), qui met en lumière les interactions entre les exigences du travail, les ressources organisationnelles et individuelles, et leurs effets sur la santé des travailleurs.
Objectifs :
1. Évaluer les effets longitudinaux du télétravail sur la santé mentale et physique
Cette évaluation tiendra compte de l’intensité du télétravail (faible ou élevée), de son caractère choisi ou imposé, et du contexte temporel (pré, pendant ou postpandémie).
Hypothèse : les effets du télétravail varient selon ces facteurs explicatifs.
2. Analyser le rôle des caractéristiques individuelles comme modérateurs
Les variables telles que l’âge, le genre, le capital psychologique et l’activité physique seront examinées pour évaluer leur influence sur les effets du télétravail.
Hypothèse : ces caractéristiques modulent les impacts du télétravail sur la santé mentale et physique.
3. Identifier des profils de cooccurrence entre santé mentale et physique
Le projet cherche à déterminer des typologies de travailleurs à risque ou protégés, en fonction de configurations spécifiques de télétravail et de caractéristiques individuelles.
Hypothèse : certains profils prédisposent à des comorbidités santé mentale/physique.
Méthodologie :
Le projet mobilise les données longitudinales de l’ELOSMET, un échantillon représentatif de 3 025 travailleurs québécois, suivi sur trois cycles de mesures. Les analyses incluront des modèles multiniveaux et des équations structurelles pour explorer les effets directs, médiateurs et modérateurs.
Retombées attendues
Les résultats permettront de :
- Soutenir les milieux de travail dans la mise en œuvre de pratiques organisationnelles adaptées au télétravail ;
- Développer des outils de prévention et de sensibilisation pour réduire les risques psychosociaux ;
- Orienter les politiques publiques et organisationnelles vers des modèles de télétravail durables.
Ce contenu a été mis à jour le 12 mai 2025 à 19h01.
